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Bonsoir ,
Tu as sûrement déjà vécu une de ces situations.
Au tir : tu te prépares bien, tu lances ta boule "à la perfection"… et tu tombes 5 centimètres à côté. Ou tu la sautes de quelques millimètres.
Au point : tu prépares le terrain, tu la lances exactement où tu voulais, mais un caillou freine ta boule et tu restes court. Très court. En extérieur, il arrive aussi que le terrain change en pleine partie; il sèche d'un coup, ou il devient complètement mouillé (comme ça s'est passé ce week-end dans plusieurs compétitions), ce qui change complètement la manière de jouer d'une boule à une autre.
Quand ça arrive, c'est frustrant.
T'as l'impression d'avoir tout bien fait, mais le résultat n'est pas là.
Et c'est exactement le piège : on juge notre boule sur le résultat. Parfois on se juge même nous-mêmes sur le résultat.
Le problème, c'est quand le résultat ne vient pas, on perd confiance, on se pose des questions. Si ça se répète une ou deux fois de plus, on peut même perdre le plaisir de jouer. Certains déraillent complètement (J'avoue que ça m'est arrivé 🫣)
Maintenant, imagine un instant que tu puisses jouer chaque boule avec la même sérénité. Que tu arrives à te concentrer à 100 % sur ton geste, sans te torturer la tête après chaque boule jouée.
Imagine focaliser ton attention uniquement sur ce qui est en ton contrôle : ta préparation avant de jouer ta boule.
C'est exactement ce que permet un principe vieux de 2000 ans, utilisé par les plus grands champions de l'histoire : l'art subtil de l'archer 🏹
D'où vient cette idée ?
Le premier à utiliser cette image, c'est Cicéron, philosophe romain, au 1er siècle avant notre ère. Plus tard, Épictète (ancien esclave devenu l'un des penseurs les plus influents de l'Antiquité) a repris et développé cette idée. Elle est au cœur de la philosophie stoïcienne, un courant de pensée qui a traversé les siècles. Il inspire encore aujourd'hui toute personne à la recherche de victoire intérieure, notamment les sportifs.
Personnellement, j'ai mis en pratique des concepts stoïciens qui m'ont énormément apporté, autant en termes de performance sportive que de plaisir de vivre et de bien-être mental.
Le principe est simple.
Un archer prépare son tir avec soin. Il choisit sa flèche. Il ajuste sa posture. Il vise. Il contrôle sa respiration. Et il lâche.
À partir du moment où la flèche quitte l'arc… elle ne lui appartient plus. Le vent peut souffler. La cible peut bouger. Un oiseau peut passer. L'archer n'y peut rien. Tout ce qu'il maîtrise, c'est la qualité de sa préparation et la justesse de son geste.
Les stoïciens utilisaient cette image pour enseigner une distinction importante : la différence entre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous.
Aujourd'hui, les recherches confirment cette intuition de 2000 ans. Les sportifs qui concentrent leur attention sur ce qu'ils contrôlent (leur routine, leur geste, leur respiration, leurs pensées, leur attitude) sont plus réguliers, plus résistants au stress, et prennent de meilleures décisions sous pression. Et en bonus, ils sont plus heureux.
Ceux qui se focalisent sur le résultat (le score, le classement, la boule jouée à l'instant) ont tendance à être plus stressés, plus frustrés, avec des fluctuations de confiance plus importantes.
Et aux boules, ça donne quoi ?
L'archer et le bouliste vivent la même chose. Parfois, tu fais tout bien. Tu joues ta boule. Et elle ne va pas où tu voulais au point, ou tu tombes autour au tir.
Ça peut déclencher une rumination mentale qui ne t'aide pas du tout. Plus tu te focalises sur le résultat, plus tu te laisses une chance d'être déçu. Parce qu'une fois que la boule a quitté ta main, tu es exactement dans la situation de l'archer : tu n'as plus aucune prise sur la trajectoire.
Ce que tu contrôles, c'est tout ce qui se passe avant de lâcher la boule. La préparation du terrain et de ta donnée au point. La position de ton pied d'appui au tir. Ta respiration. Ton application, tes pensées (avoir un dialogue intérieur positif et utile).
Une fois la boule lâchée ? Ce n'est plus entre tes mains. Littéralement.
Et si tu te juges uniquement sur le résultat, tu te condamnes à la frustration. Tu te rends responsable de choses sur lesquelles tu n'as aucun pouvoir.
Comment mettre ça en pratique ?
Tu peux commencer dès ton prochain entraînement si tu le souhaites.
Donne-toi une intention d'entraînement : un seul aspect sur lequel tu te focalises pendant toute la séance. Par exemple : « Je me focalise uniquement sur ce que je fais jusqu'au lancer. Je ne me juge pas sur le résultat (boule réussie ou non) mais seulement sur ce que j'ai fait avant de jouer ma boule. »
Il y a des chances que tu remarques quelque chose : quand ton processus est bon, le résultat suit plus souvent que tu ne le penses !
L'étape suivante, c'est de transférer cette compétence en compétition.
Ça peut paraître contre-intuitif. Le principe de la compétition repose sur l'obtention d'un résultat, après tout.
Mais il y a une différence entre vouloir un résultat (gagner la partie) et se laisser obséder par le résultat (de chaque boule).
Se focaliser sur le résultat de chaque boule est l'une des pires erreurs que l'on puisse faire en compétition. Focalise-toi sur ta préparation, boule après boule. Le résultat est la conséquence de ce que tu as fait jusqu'au lancer.
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