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Bonsoir , 


Un bouliste que j'accompagne en individuel m'a dit un jour : « Je craque toujours en fin de partie. »

Il le pensait. Il se le répétait. Et à chaque fin de partie serrée… il craquait.

Il se programmait lui-même pour échouer. Il ne se rendait pas compte qu'il se servait du poison mental en se répétant cette phrase. Le problème, c'est qu'à force de se la répéter, il a commencé à y croire… 

La science a donné un nom à ce mécanisme: l'effet nocebo.

Aujourd'hui, je t'explique ce mécanisme. Et surtout, comment t'en libérer. Parce qu'il est souvent inconscient et a un impact très négatif sur ton niveau de jeu.


Ce que ton cerveau fait de tes croyances

Tu connais peut-être l'effet placebo. En médecine, on donne un faux médicament à un patient, une pilule de sucre. Mais il croit que le médicament est vrai. Et son état s'améliore quand même, comme s'il avait pris un vrai médicament. 

Le contraire existe aussi. L'effet nocebo. Le patient croit que le traitement va lui faire du mal. Et il développe de vrais symptômes négatifs. À partir de rien.

Ces deux effets reposent sur le même moteur : la croyance.


En psychologie, on appelle ça la prophétie auto-réalisatrice. Tu crois quelque chose, tu agis en fonction, et la réalité finit par te donner raison. C'est comme si tu fabriquais toi-même le résultat que tu redoutais (nocebo). Ou celui que tu espérais (placebo).

Et dans le sport, il y a de nombreuses études qui l'ont prouvé (personnellement, je savais que les pensées étaient importantes, mais quand j'ai lu ces études, je suis vraiment resté bouche-bée un moment!!). 


Je t'en partage 2 ici:

En 1972, des haltérophiles expérimentés ont reçu des pilules de sucre en pensant prendre des stéroïdes. Résultat : en 4 semaines, ils ont ajouté en moyenne 19 kg à leur squat. Contre 2,6 kg lors des 7 semaines précédentes. La seule croyance a décuplé leurs progrès (Ariel & Saville, 1972).


Et l'effet inverse aussi. En 2017, des sprinteurs séparés en deux groupes ont bu la même boisson. Au premier groupe, on a dit qu'elle améliorait la performance. Au second, qu'elle pouvait la réduire. Le groupe « négatif » a couru moins vite sur 30 mètres (Hurst et al., 2017).


C'est comme si le corps obéit directement aux instructions du cerveau.


Et sur le terrain de boules, ça donne quoi ?

Les boules sont un terrain fertile aux croyances limitantes. Tu as certainement déjà entendu certaines de ces phrases. Tu les as peut-être prononcées toi-même (avec le recul, je me rends compte que j'en ai prononcé beaucoup 😅)


  - « Je rate toujours ma première boule. » 

Tu arrives sur le terrain avec cette phrase en tête. Tu vas jouer. Tu la rates. 

Tu te dis : « Tu vois, je t'avais dit que je rate toujours ma première boule. » Et la spirale tourne.


  - « Je n'ai pas de sensation aujourd'hui, je vais galérer. » 

Tu te donnes raison avant la première mène. En faisant ça, tu te crispes. Tu limites tes chances de retrouver un geste fluide. Et surtout, tu fermes la porte à toute possibilité de sortir de cet état.

Ça, c'est l'effet nocebo en action. Tu programmes ton propre échec.


Maintenant regarde l'autre côté.

Tu arrives sur un terrain que tu connais bien. Tu te dis : « Sur ce terrain, je sais que je suis bon. » 

Tu vas jouer de manière sereine et confiante. La différence avec « J'ai pas de sensation aujourd'hui » est assez flagrante.


Un pointeur qui se dit : « Je suis le meilleur sur les prises à cul. » 

Ça ne veut pas dire qu'il va toutes les réussir. Mais en tout cas, il ne se tire pas une balle dans le pied avant même de commencer. Encore mieux, il se met dans les bonnes dispositions pour les réussir.


Ça, c'est l'effet placebo. La croyance positive crée les conditions de la réussite.

Et tu l'as sûrement déjà vécu.

Rappelle-toi une fois où tu es parti jouer ta boule, confiant que tu allais la réussir. La sensation est agréable, et tu l'as sûrement réussi. 

Maintenant, rappelle-toi une fois où tu es allé jouer ta boule avec des doutes plein la tête « C'est impossible de reprendre », « C'est sûr que je vais faire le contre sur ma boule derrière » tu as plus souvent raté que réussi dans ces cas-là… 


Voici 3 étapes simples pour inverser ce mécanisme:

Étape 1: Identifie ta (ou tes) phrase nocebo. 

Quelle phrase négative revient souvent dans ta tête avant ou pendant une partie ? Idéalement, écris-la noir sur blanc. « Je rate toujours… », « Je craque quand… », « Je ne suis pas bon pour… »


Étape 2: Remplace-la par une intention positive, ou sur le processus à faire. 

Donc, formule une phrase tournée vers ce que tu veux produire (intention positive) ou sur ce que tu dois faire pour réussir ta boule (processus).  Par exemple : « Je rate toujours ma première boule » devient « Si je réussis régulièrement mes deuxièmes boules, je peux réussir la première. » ou « Je m'applique particulièrement sur la première boule de chaque mène pour la réussir»


Étape 3: Répète ta nouvelle phrase. 

Avant chaque partie. Pendant l'échauffement. Même pendant tes entrainements, voire même avant de te coucher. À voix basse ou dans ta tête, peu importe. Ton cerveau a besoin de répétition pour adopter une nouvelle croyance. 

La phrase nocebo s'est installée à force de répétition. La nouvelle s'installera de la même façon, à condition que tu l'as croies possible.


Le bouliste que j'accompagne en individuel a fait exactement ce travail. On a identifié sa phrase nocebo « je craque toujours en fin de partie ». On l'a remplacée par une phrase aidante. Aujourd'hui, il aborde les fins de partie avec un regard différent, et il ne se sabote plus tout seul les dernières mènes.


Mon objectif avec chaque email est de donner un outil concret à utiliser dès ton prochain entrainement ou ta prochaine partie.


Aujourd’hui, retiens ceci:

Ton cerveau t'obéit, et il ne fait pas la différence entre une croyance vraie et une croyance fausse. Il agit selon ce que tu lui répètes. Donne-lui une direction qui te sert, et il travaillera pour toi. 


Bonne fin de journée,

Jordan


PS: Si tu sens que tes croyances te freinent sur le terrain et que tu veux avancer sur ce sujet, réponds à cet email. On s'appellera 15 minutes pour voir si je peux t'aider et comment.

A très vite, 

Jordan

www.esprit-de-champion.com


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