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Bonsoir ,
As-tu déjà eu un coéquipier ou un entraîneur qui croyait en toi ? Tu sentais qu'au fond de lui, il voyait ton potentiel et savait que tu étais capable de réussir de belles choses aux boules.
Et est-ce que tu as déjà vécu l'inverse ? Avoir quelqu'un de proche qui doute de toi. Il ne le dit pas franchement, mais tu sens qu'il te voit comme le maillon faible de l'équipe. D'ailleurs, s'il y a une boule chaude à jouer, il ne te met pas dans les meilleures conditions pour la réussir.
La différence entre ces deux scénarios tient en un mot : les attentes.
En 1968, le psychologue Robert Rosenthal a mené une expérience devenue célèbre. Il a fait passer un test d'intelligence à tous les élèves d'une école primaire en Californie. Puis il a désigné 20 % d'entre eux comme étant « à fort potentiel de progression » cette année. Il l'a annoncé aux enseignants.
Ce qui est intéressant, c'est que ces 20 % ont été attribués au hasard.
Huit mois plus tard, ces élèves « à fort potentiel » avaient gagné en moyenne 15 points sur leur performance au test d'intelligence. Les autres ont aussi progressé, mais beaucoup moins.
La seule variable entre les deux groupes : les enseignants croyaient en eux. Et cette croyance avait modifié leur comportement sans qu'ils s'en rendent compte. Inconsciemment, ils donnaient plus de sourires, accordaient plus de temps, donnait plus de retours positifs, avaient une exigence plus importante, etc (Rosenthal & Jacobson, 1968).
On appelle ça l'effet Pygmalion.
Pour nous aux boules, c'est l'équivalent d'avoir des coéquipiers, des leaders et des entraîneurs qui croient en nous. Qui nous font confiance.
Et en plus de l'effet agréable de se sentir soutenu, la science a montré de nombreux avantages :
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Augmentation de la performance (comme dans la salle de classe)
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Augmentation de la motivation
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Augmentation de la confiance en soi
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Augmentation de la résilience face aux obstacles
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Baisse de l'anxiété
Mais son contraire existe aussi : l'effet Golem.
Quand un entraîneur, un capitaine ou un coéquipier doute de toi, son comportement se transforme. Moins de regards. Moins d'encouragements. Et toi, tu le sens. Les effets sont exactement l'inverse de ceux de l'effet Pygmalion: Un impact négatif sur ta performance, mais aussi sur ton plaisir de jouer. Honnêtement, qui préfère jouer avec quelqu'un qui doute constamment de nous plutôt que quelqu'un qui croit en nous…
Si tu repenses à ta carrière bouliste, tu as sûrement vécu les deux versions sur un terrain de boules.
Là où ça devient intéressant pour toi
Tout ce que je viens de décrire dépend des autres. Ton entraîneur. Tes coéquipiers. Ton entourage. Tu n'as absolument aucun contrôle là-dessus.
Et comme on cherche toujours à se focaliser sur ce qui est en notre contrôle, on va voir comment utiliser ces informations à ton avantage.
Une étude menée dans l'armée israélienne (Eden & Ravid, 1982) a montré qu'on peut obtenir le même effet Pygmalion en élevant directement les attentes envers soi-même.
On appelle ça l'effet auto-Pygmalion, ou l'effet Galatée.
De la même manière que les attentes positives d'un proche nous aident à progresser (effet Pygmalion), l'attente positive qu'on a envers nous-mêmes produit les mêmes bénéfices.
Est-ce que ça veut dire qu'on doit se mentir et se croire au-dessus de tous ?
Non.
Mais sois conscient de tes forces et de ce que tu fais bien.
Par défaut, notre cerveau a tendance à nous montrer ce qu'on rate. Si tu te rappelles plus facilement tes boules manquées que tes boules réussies, c'est normal. C'est ancré dans le fonctionnement de ton cerveau (j'y reviendrai une autre fois).
Ne te laisse pas piéger par ça. Prends note de ce que tu fais bien. Prends note de tes boules réussies. Prends note de tes boules bien envoyées, avec la bonne intention et la bonne attitude, y compris quand le résultat n'a pas suivi. Ce sont tes preuves. Ce sont elles que tu pourras utiliser pour créer ton propre effet Galatée: des attentes envers toi-même élevées, fondées sur des éléments réels et concrets!
Et en plus de ça: aie de la patience et de l'empathie envers toi-même, de la même manière que tu en aurais envers un(e) jeune à fort potentiel!
Dit autrement : parle-toi à toi-même comme te parlerait un entraîneur bienveillant et exigeant, qui croit en toi.
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