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Bonsoir ,
La nouvelle saison va commencer. Tu retrouves ton boulodrome d'entrainement, tes coéquipiers, et dans un coin de ta tête, tu as déjà pensé à ce que tu voulais atteindre ou gagner cette saison :
« Cette année, je veux gagner une étape de la ligue. »
Ou peut-être : « L'objectif cette année, c'est de faire une bonne saison. »
L'intention est bonne. Mais ces deux phrases posent un problème.
La première dépend de tes adversaires, de l'arbitrage, du tirage, de la forme de ton partenaire ce jour-là. Tu peux jouer ton meilleur concours et perdre quand même. N'importe quel bouliste a déjà vécu ça 😁
La deuxième est tellement floue qu'en décembre, tu seras incapable de dire si tu as réussi ou non.
Dans les deux cas, tu te retrouves dans la même situation : une motivation forte en septembre qui s'effrite dès les premiers résultats décevants.
Pose-toi la question : en décembre, comment sauras-tu si ta saison avance dans la bonne direction ? Sans repère concret, chaque contre-performance ressemble à un échec. La frustration prend de plus en plus de place. Les mésententes dans l'équipe peuvent commencer à pointer le bout de leur nez. Et le stress de "ne pas y arriver" prend le dessus sur le plaisir de jouer.
Cet email est le deuxième de la série spéciale rentrée. Et aujourd'hui on va parler de LA BASE : tes objectifs.
Le piège de l'objectif de résultat comme seul objectif
Quand toute ta motivation repose sur un résultat que tu ne maîtrises pas entièrement, tu joues avec une épée au-dessus de la tête.
Dès la première contre-performance, la confiance peut s'effondrer. La pression peut être difficilement gérable (car les attentes sont très élevées). Certains boulistes en viennent à perdre le plaisir de jouer. Ce résultat devient une sorte d'obsession.
Tu mérites mieux qu'une saison passée à stresser sur des choses qui ne dépendent pas de toi.
Les 3 types d'objectifs
En préparation mentale, on distingue trois catégories d'objectifs. Tu les connais peut-être déjà. Mais les connaître et les appliquer, ce sont deux choses différentes :)
L'objectif de résultat : ce que tu espères obtenir. Un classement, un titre, une sélection. Aux boules, il y a toujours un lien direct avec un adversaire.
L'objectif de performance : une amélioration mesurable par rapport à toi-même. Ton niveau aujourd'hui comparé à ton niveau d'hier. Pas par rapport aux autres.
L'objectif de processus : les actions concrètes que tu mets en place à l'entraînement et en concours pour atteindre tes objectifs de résultat et de performance. La préparation mentale peut faire partie de tes processus par exemple 🏆
Rends tes objectifs utilisables avec la méthode SMART
Il y a une différence entre avoir un objectif et avoir un bon objectif. Et ça vaut pour les trois types dont on vient de parler.
Pendant des années, je me suis fixé des objectifs de résultat en début de saison. Mais ces objectifs étaient mauvais. Et mes saisons l'étaient souvent aussi (en tout cas, je n'atteignais pas ces objectfs). Avec le recul, le lien entre mes résultats et la qualité de mes objectifs est sidérant.
Pour revenir à la méthode SMART, c'est un acronyme. Chaque lettre correspond à un critère :
S: Spécifique. Quel aspect précis veux-tu améliorer ?
M: Mesurable. Comment sauras-tu que tu as progressé ? Avec quel chiffre, quel indicateur ?
A: Atteignable. Cet objectif est-il ambitieux ET réaliste par rapport à ton niveau actuel ?
R: Réaliste. Est-il cohérent avec tes ressources (temps, énergie, engagements) ?
T: Temporel. Quelle est ta date limite ?
Voyons quelques exemples avec les trois types.
Objectif de Résultat SMART : « Terminer dans les 16 premiers du classement de la ligue d'ici la fin de saison. », « Me qualifier pour les championnats de France en double. »
Objectif de Performance SMART : « D'ici fin décembre, tomber exactement dans ma donnée 70% du temps au point. » « Tenir ma concentration les 30 dernières minutes des parties d'ici janvier. »
Objectif de Processus SMART : « M'entrainer spécifiquement à tomber dans des données entre 1 mètre et 6 mètre de distance, 10 minutes à la fin de chaque entrainement, 2 fois par semaine. » « Pratiquer 3 minutes de visualisation chaque soir avant de dormir. » « Appliquer ma routine de performance avant chaque boule à l'entrainement, puis en compétition »
Tu vois comment les trois s'emboîtent ? L'objectif de processus alimente l'objectif de performance, qui te rapproche de l'objectif de résultat.
Et en équipe ?
Un objectif flou partagé « on veut faire une bonne saison » n'apporte rien à l'équipe. Chacun l'interprète à sa façon. Un objectif d'équipe SMART permet à chaque joueur de savoir exactement sur quoi se concentrer. Et quand les choix du capitaine sont en phase avec les objectifs définis ensemble en début de saison, il n'y a plus de place pour les non-dits et les conflits.
Ton exercice de la semaine
Prends 10 minutes. Définis 1 objectif de résultat pour la saison (2 maximum). Puis 1 ou 2 objectifs de performance. Et enfin, 2 à 3 objectifs de processus. Assure-toi qu'ils passent tous le filtre SMART.
Un dernier point. La psychologue Gail Matthews a montré que les personnes qui écrivent leurs objectifs augmentent significativement leurs chances de les atteindre, par rapport à celles qui les gardent en tête. Prends un stylo ou ouvre une note sur ton téléphone. Et écris-les.
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