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Mental de Champion – Série Rentrée [3/6]
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Bonsoir , 


Imagine toi à la fin du mois. Tu viens de perdre ton premier concours de la saison.

Le trajet retour est silencieux. Dans ta tête, le film tourne en boucle : ce tir raté au pire moment, cette boule au point qui t'es restée dans les mains au pire moment, cette frustration de ne pas avoir montré ton vrai niveau à certains moments.


Et puis les conclusions arrivent. Souvent, elles sont rapides et surtout brutales : "Je suis nul(le)", "J'ai régressé", "Cette saison est mal partie", "Si on n'avait pas fait…" ou "si on avait fait…", "Je n'ai pas aussi mal joué depuis longtemps", ...


Être honnête avec soi-même pour progresser, oui. Mais ressasser ce qui a été mal fait sans orienter ses pensées vers une solution, ça ne t'aide pas. Au contraire : ça affecte ta confiance, ton estime. Et ça peut plomber les concours suivants (et par effet domino, ta saison).


Cet email est le troisième de la série spéciale rentrée. Et aujourd'hui on va parler de la gestion de la défaite (parce qu'une saison à 100% de victoires, ça n'existe pas 😅).


Pourquoi une défaite en début de saison fait autant de dégâts

Après la coupure, on revient souvent avec des attentes élevées. On a travaillé pendant l'intersaison, on s'est entraîné, on a défini ses objectifs (si tu as suivi l'email précédent). Et indirectement, on se met une pression invisible : "Il faut que qu'on fasse un bon début de saison."


Résultat : quand le premier concours ne se passe pas comme prévu, la déception est décuplée. On ne juge pas sa performance de manière rationnelle. On la juge avec l'émotion du moment.

Alors que rationnellement, on peut très bien rater son début de saison, et monter en puissance. Ou faire un début de saison moyen, et finir en beauté.


D'ailleurs, ça m'est arrivé. Lors de ma dernière année en catégorie -18, j'ai loupé les premières semaines de la saison car j'étais blessé à un pied et pouvais à peine marcher. Lors de ma première compétition, je n'ai pas gagné un match. Alors que je n'avais jamais perdu contre aucun de mes adversaires du jour. Moins d'un an plus tard, j'étais champion du monde. Et je ne suis qu'un exemple parmi tant d'autres. 


Sauf que votre cerveau ne voit pas les choses comme ça. Il se laisse porter par les émotions liées à la déception, et cherche des explications immédiates. Et les explications immédiates fondées sur les émotions sont rarement les bonnes.


Le débrief en 3 questions

Les athlètes de haut niveau perdent. Plus souvent que ce qu'on imagine d'ailleurs. La différence entre eux et les autres, ce n'est pas qu'ils perdent moins, c'est la manière dont ils analysent leurs défaites.

Un point clé : ils analysent la situation le plus objectivement possible, au lieu de se juger.

Ici, vous allez découvrir une manière simple de faire la même chose. 

Après chaque concours (bon ou moins bon) prends 5 minutes et réponds à ces questions. Par écrit si possible.


1. Qu'est-ce que j'ai bien fait ?

On commence toujours par le positif. Après une défaite, ton cerveau va naturellement se focaliser sur le négatif. C'est un réflexe de survie, le fameux biais de négativité (Baumeister et al., 2001). Ton premier travail est de rééquilibrer la balance pour ne pas laisser ce biais affecter ton état d'esprit et ta confiance.

Tu as forcément fait quelque chose de bien. Un tir réussi sous pression. Un moment où tu es resté concentré dans une mène serrée. Une bonne communication avec ton partenaire dans un moment tendu.

Trouve-le et écris-le. 

Idéalement, note 3 choses que tu as bien faites. Fais le au moins à la fin de chaque concours. Dans un monde parfait, après chaque partie. 


2. Qu'est-ce que je peux améliorer pour la prochaine fois?

Tu remarqueras qu'on ne se demande pas "qu'est-ce qui était nul ?" La formulation est importante :)  "Améliorer" oriente ton cerveau vers l'avenir et vers l'action.

Sois précis et répond de manière utile pour l'avenir. 

Par exemple: "J'ai perdu ma concentration dans la dernière ½ heure" est utile. "J'étais mauvais à la fin" n'est pas utile.


(Bonus) 3. Quelle est LA chose sur laquelle je me focalise au prochain entraînement ?

Une seule. Pas cinq. Pas dix.

Ton cerveau ne peut pas travailler efficacement sur dix axes d'amélioration en parallèle. Choisis le plus important, celui qui aura le plus d'impact sur ta performance, et donne-lui toute ton attention. Quand ce point sera amélioré, tu pourras te focaliser sur le suivant.


Une contre-performance est de la donnée, pas un verdict

La chercheuse Carol Dweck a popularisé le concept d'état d'esprit de croissance. L'idée centrale : tes capacités ne sont pas figées. Elles se développent avec le travail, la pratique et la persévérance.

Avec cet état d'esprit, une défaite devient une source d'information. On passe de "je suis nul" à "je sais sur quoi travailler." On passe de "cette saison est foutue" à "je connais mes chantiers prioritaires."


Une manière simple de développer cet état d'esprit : ajouter le mot "encore."

J'en ai déjà parlé dans une vidéo du groupe Facebook.

Au lieu de "je n'arrive pas à rester relâché dans les mènes décisives", dis-toi "je n'arrive pas encore à rester relâché dans les mènes décisives."

Au lieu de "je ne gagne jamais contre lui en tête-à-tête", dis-toi "je ne gagne pas encore contre lui en tête-à-tête."


Ce petit mot transforme un constat figé qui nous renvoie vers nos lacunes, en processus d'apprentissage. Essaie-le la prochaine fois que tu te surprends à porter un jugement définitif sur toi-même. Personnellement, le simple fait d'ajouter ce mot m'a énormément apporté.


Un dernier point

Les boulistes qui progressent le plus vite ne sont pas ceux qui gagnent le plus. Ce sont ceux qui apprennent le plus vite de leurs erreurs.


Une des meilleures phrases qui reflètent cela vient d'un sportif connu pour avoir l'esprit de compétition le plus féroce au monde, Michael Jordan. Il a dit: 

J'ai raté 9 000 tirs dans ma carrière. J'ai perdu presque 300 matchs. 26 fois, on m'a fait confiance pour prendre le tir de la victoire et j'ai raté. J'ai échoué encore et encore dans ma vie. Et c'est pourquoi j'ai réussi.


Mon objectif avec chaque email est de donner un outil concret à utiliser dès ton prochain entrainement ou ta prochaine partie.


Aujourd’hui, retiens ceci:

Après chaque concours (voire même chaque partie), réponds à ces questions: (1) Qu'est-ce que j'ai bien fait ? (2) Qu'est-ce que je veux améliorer ? (Bonus - 3) Quelle est LA chose sur laquelle je me focalise au prochain entraînement ? Fais-le par écrit. Ce débrief remplace le jugement émotionnel général par une analyse qui t'aidera à progresser.


Bonne chance si tu joues ce weekend, et surtout, amuse toi bien 🤩🙌🏻

Jordan


A très vite, 

Jordan

www.esprit-de-champion.com


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