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Mental de Champion – Série Rentrée [5/6]
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Bonsoir , 


Ferme les yeux deux secondes. Imagine ta voiture. La couleur de la carrosserie. Les sièges. Ce qu'il y a dans la boîte à gants. Imagine-toi en train de conduire, en écoutant la radio.

Tu viens de visualiser. Ton cerveau a généré une image nette, avec des détails, des couleurs et des sons, alors que tu n'es probablement pas dans ta voiture en ce moment. Et ce, peu importe la qualité de l'image et le sens du détail de ce que tu as vu dans ton esprit. 


La bonne nouvelle : cette capacité naturelle à créer des images dans ton esprit est l'un des outils mentaux les plus puissants pour la compétition. Et la plupart des boulistes ne l'utilisent presque jamais.


Cet email est le cinquième de la série spéciale rentrée. Et aujourd'hui on va parler de la visualisation.


Deux manières de visualiser

Il existe deux formes de visualisation pour un compétiteur.

La première se pratique en dehors du boulodrome, dans ton quotidien. Tu te vois atteindre ton objectif de résultat de la saison. Tu programmes ton cerveau à la réussite, jour après jour.

La deuxième se pratique sur le terrain, juste avant de jouer. Tu te vois réussir l'action dans ton esprit, puis tu l'exécutes.


Les deux sont complémentaires. Et les deux t'apporteront énormément si tu les entraînes cette saison.

Deuxième bonne nouvelle : ça prend très peu de temps. Probablement moins que ce que tu imagines en ce moment.


Visualise au quotidien : programme ta réussite

La visualisation (ou imagerie mentale) consiste à créer mentalement une action dans son esprit avant de la réaliser. Ton cerveau active les mêmes circuits neuronaux quand tu imagines un geste et quand tu l'exécutes réellement (Jeannerod, 1995).


Concrètement : chaque jour, prends 3 minutes. Ferme les yeux. Vois-toi atteindre ton objectif de résultat de la saison, celui que tu as défini si tu as suivi le deuxième email de cette série.

Rends l'image aussi précise que possible. Tu es où ? Avec qui ? Qu'est-ce que tu ressens ? Quels sons entends-tu autour de toi ? Plus tes sens sont mobilisés, plus ton cerveau traite cette image comme une expérience vécue. Et plus tu ressens des émotions positives, plus tu ancres cette expérience en toi.


Quel est l'intérêt de faire ça ? Quand la situation arrivera dans la vraie vie (la finale espérée, la mène décisive, la boule pour la gagne) ton cerveau aura l'impression de l'avoir déjà vécue, et déjà réussie. Et comme ton cerveau aura déjà traversé cette situation avec succès, il la percevra avec moins de stress et plus de confiance.


Deux moments idéaux pour le faire : juste avant de t'endormir, et au réveil. À ces instants, ton cerveau est dans un état détendu et plus réceptif aux images mentales.

Personnellement, je suis convaincu que je dois mon titre de champion du monde en grande partie à la visualisation. Pendant des années, je me suis vu en finale, en train de gagner, dans des dizaines de scénarios différents.


Le secret des 3 secondes avant le geste

La deuxième forme se pratique en concours, dans les moments où tu contrôles le début de l'action. Le tir. Le point. La course d'élan. Le sport-boules est idéal pour ça : chaque boule a un début que tu maîtrises entièrement.

Ces quelques secondes avant le geste sont précieuses.


Le meilleur exemple est celui de Jack Nicklaus, légende du golf avec 18 titres majeurs. Avant chaque coup, il voyait d'abord la balle là où il voulait qu'elle finisse. Puis il voyait sa trajectoire. Puis il se voyait exécuter le geste parfait. Seulement après, il frappait. Il faisait ça avant chaque coup, pas seulement sur les coups décisifs.


Je travaille avec des boulistes en coaching individuel. Avant qu'on travaille ensemble, la plupart n'utilisaient la visualisation que pour les moments d'exploit : le tir "impossible", la boule de la dernière chance. Le reste du temps, ils jouaient sans le faire.

Depuis qu'ils visualisent leur réussite avant chaque geste (la trajectoire, le résultat recherché) comme Nicklaus le faisait, leur régularité et leur confiance ont progressé. En parallèle, leur technique n'a pas changé du tout.


Le risque quand on ne le fait pas, c'est que le cerveau peut projeter ses propres images. Pas toujours les bonnes. Malheureusement, je l'ai vécu en finale d'un championnat de France (je vous le partage pour que vous appreniez de mes erreurs). 


Ça m'est arrivé en finale d'un championnat de France de tir de précision. J'avais une boule pour mettre mon adversaire en situation de "réussi gagné, manqué perdu." sur la dernière cible. Juste avant ma course d'élan, mon cerveau a fait des siennes : je me suis vu échapper la boule, et la voir tombé sur la première alvéole du tapis et rouler 5 mètres pour "taper" le but.

Spoiler: Je n'ai pas tapé ce but 😅

Des finales, j'en ai perdu d'autres. Mais celle-là garde un goût amer parce que je me suis battu contre moi-même, par manque de préparation mentale. À ce moment-là, je ne savais pas que je pouvais utiliser ces 3 secondes pour visualiser ma réussite au lieu de laisser mon cerveau tourner en roue libre.


Comment commencer dès cette semaine

Les deux exercices sont simples et rapides. Tu peux les adopter tous les deux dès maintenant :

→ En dehors du boulodrome : 3 minutes de visualisation quotidienne de ton objectif de résultat de la saison. Crée une image nette, avec des émotions fortes, et inclus le plus de sens possibles (vue, ouïe, toucher, voire odorat). 

La clé pour que ça fonctionne: la répétition. Une visualisation de 30 secondes pratiquée chaque jour vaut bien plus qu'une séance parfaite de 10 minutes une fois par semaine. Essaie entre 2 et 5 minutes par jour, en fonction du temps disponible que tu as. 

→ Sur le terrain : avant chaque boule, prends 2 à 3 secondes pour voir mentalement la réussite. Si tu le préfères, tu peux voir la trajectoire de ta boule, que ce soit au point ou au tir. Puis exécute. Et fais-le avant chaque boule, pas seulement les boules "importantes." Y compris à l'entrainement. N'attends pas d'être en compétition pour le faire. 


Mon objectif avec chaque email est de donner un outil concret à utiliser dès ton prochain entrainement ou ta prochaine partie.


Aujourd’hui, retiens ceci:

Tes pensées négatives ne sont pas le problème. Le problème, c’est de les laisser diriger ton esprit sans répondre. Identifie-les. Prépare tes phrases de remplacement. Ton dialogue intérieur est un muscle; plus tu le travailles, plus il t’obéit.


Bonne chance si tu joues ce weekend, et surtout, amuse toi bien 🤩🙌🏻

Jordan


A très vite, 

Jordan

www.esprit-de-champion.com


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